Et ainsi ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste.
Pascal, Pensées
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notre mémoire hantée par nos désirs
gémit de honte dans la ruelle de nos regrets
accroupis apeurés nous laissons mourir l’enfant
notre morale une tache d’huile visqueuse
sur l’asfalte de nos mensonges
pervers, hypocrites, malsains, ne reste
de nous que la rance illusion de notre gloriole
allons! détournons le regard de la mort de l’enfant
ne portons pas témoignage de notre barbarie
soyons clos, soyons cois, soyons veules
ni chair ni poisson, estompés dans le théâtre
de notre médiocrité, aplatis devant l’écran
plat, facultatif et morne de la mise à mort de l’enfant
que faisons-nous sinon pétrir de dissimulation
la réalité qui nous terrifie et nous momifie
pataugeant dans l’absurde, embrigadés
par l’algorithme de notre insuffisance
nous divaguons de petitesse en laissant mourir l’enfant
alors que l’enfant est ce qu’il y a de plus grand
en nous
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R.I.P. the Prince of Darkness
Black Sabbath, Children of the Grave


