Tout le monde, vivant ou mort, est purement fortuit.
Kurt Vonnegut Jr., Tremblement de terre
où en étais-je? ah oui! à Winnipeg, maintenant me faut retrouver le rythme de mon écriture, ma vitese de croisière, j’ai slaqué dernièrement, d’abord pour des raisons de santé, rien de trop grave, mais requérant atention: consultations, prises de sang, examen ici, examen là-bas, toutes ces sortes de choses, que voulez-tu, la tête continue de rouler à cent à l’heure, mais le corps a vieilli et prend du retard, ensuite, ceci étant rallonge de cela, parce que je m’éparpillais sur l’internouilles, pardon, l’internet, actualités, chroniques & ôtres distractions, j’ai fait le ménage et je me suis désabonné de plusieurs plateformes, finalement, et c’est le plus important, parce que j’avais frappé un noeud du côté de Charlotte, ma Charlotte Bay dans la Voie Lactée,
un noeud narratif, car comment bien rendre la plasticité de son voyage cosmic où la kronologie est aléatoire? où son présent relatif altère sa ligne de vie? «est-ce que je suis vraiment ici?» se demande-t-elle, saisie par l’élasticité des lieux, puisqu’il s’agit de réaliser le virtuel et de virtualiser le réel? de temporaliser l’espace et d’espacer le temps? avec émotion et sensibilité?
ainsi j’avais perdu l’allure de mon écriture, le mouvement de mon roman, mais pas sa réflexion, ni son imaginaire, je cogitais en arrière-plan de mes occupations plus ou moins justifiées et j’ai finalement dénoué le noeud, je suis prêt à reprendre la cadence,
allez, je vous laisse, Charlotte m’attend dans un tipi électric pour la suite des événements,

