écriture inclusive
l’écriture inclusive, m’a vous dire franchement, j’en ai rien à branler, c’est pas en torturant l’écriture qu’on va changer les mentalités, au contraire, ce sont les fluctuations humaines au long des générations qui modifient la langue parlée et de là, sur un temps certes beaucoup plus long, son écriture,
on peut bien sûr proposer des solutions de remplacement, cependant sans les imposer, il faut laisser la nature faire son travail, si nature il reste, laisser au temps générationnel accoucher des changements, déjà que les ordinateurs sont à l’oeuvre,
je veux bien m’astreindre à quelques correctifs linguistiques, ainsi j’écrirai les amis et les amies, les citoyens et les citoyennes, mais jamais, en tout cas dans mes textes, les ami.e.s, les citoyen.ne.s, ou avec le point médian, les ami·e·s, les citoyen·ne·s, ou avec le tiret ou tout ôtre signe à cet effet, je reste vieux jeu en le ceçlà,
par contre j’ai aucun problème avec la féminisation des noms de métiers et de professions autrefois réservés aux hommes et pratiqués de plus en plus par des femmes, vous remarquerez que j’ai accordé réservés et pratiqués en genre et en nombre selon l’usage, bien,
or il se trouve qu’il y a plus d’une trentaine d’années, alors que j’étais invité à une table ronde sur la science-fiction, j’avais publié deux nouvelles dans la revue Requiem, devenue Solaris depuis, j’avais proposé une règle selon laquelle le nombre du genre l’emporte, je m’explique, si j’avais écrit la féminisation des noms de métiers, de fonctions et de professions j’aurais accordé ainsi : réservées, pratiquées, pas bête, han?
bref, je m’érige contre les dérives de l’écriture inclusive,
réforme de l’orthographe
bon, j’ai pas grand-chose à dire sur l’orthographe, que j’écris orthograf, même ortograf, saviez-vous qu’on retrouve le mot ortographe, sans h après le t, dans certains textes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles? non? ben vous le savez maintenant, m’itou d’ailleurs, je l’ai appris chez Antidote au mot orthographe, section Historique,
l’ortograf, si vous avez lu mes romans, vous comprendrez que je m’amuse a’c, j’en fais mon terrain de jeu, en fait j’avais dynamité ma langue française dans ma jeunesse, j’écrivais quasi fonétic, ça donnait kelke choz com suit : j’avais dynamité ma lang françaiz, j’allais mêm jusq’à écrir ma lang françoiz par amour pour la vieil lang du vieux pays,
me suis calmé depuis,
cela dit je m’élève contre deux rectifications en particulier, l’une passée à l’usage tout en restant optionnelle, l’ôtre en cours d’argumentation, soit l’accent circonflexe d’une part , je le garde, veux pas m’en défaire, vous me l’enlèverai pas, soit d’ôtre part l’accord du participe passé avec le verbe avoir, c’est compliqué, okay, c’est illogic, m’en fiche, ça force à réfléchir, hum, ça s’accorde comment déjà? quoique dans mon cas c’est un pli depuis longtemps acquis, j’accorde sans y penser,
ôtrement, que j’aurais dynamité genre ôtreman, mêm ôtr’man, je m’épivardais big time, je veux bien certaines réformes somme toute cohérentes, par exemple la suppression du trait d’union dans un mot comme entre-déchirer rectifié entredéchirer, chez Antidote encor, le Guide, section Orthographe, ou la modification d’accent motivée par la prononciation, réglementer rectifié règlementer, mais je me réserve le droit, le privilège, la liberté de ne pas m’y conformer,
torticolis
ce qui m’amène à parler du politiquement correct, de la culture de l’ostracisme (la cancel culture) & ôtres imbroglios identitaires, l’écriture inclusive en étant un symptôme,
m’a vous dire, mangez donc toutt d’ la marde avec votre politiquement correct, votre cancel culture fourrez-vous-la where the sun doesn’t shine comme disent les anglais, voilà ce que j’en pense, tiens autrefois, que logic’man j’écrirais ôtrefois, j’appelais le sirop d’érable du sirop d’arabe pour le fun, y paraît que c’est pu drôle, le pâté chinois du chinetoque pâté, la brassière un rack à boules ou un rack à jos, prononcé djô, et quand on me demandait mon nom je répondais Johnny P. Couilles, entendez picouille, voui?
c’est à cause de la simplication de tout et de son contraire dans notre fiction sociale névrosée où le passé est jugé au bilan d’un présent décompté qui tourne en rond devant un futur endetté,
c’est à cause du nivellement par le bas, de la perte de notre humanité, de la méconnaissance de l’autre, je dirais même de la dé-connaissance de l’autre, notez que j’écris ôtre quand il s’agit de l’adjectif et autre quand il s’agit du nom,
c’est à cause de l’abêtissement généralisé, du rouleau compresseur de l’inculture, de l’occultation du savoir, car si on sait plein de stuff, des tonnes de stuff, on a qu’à googler, on ne connaît plus rien, on n’apprend plus rien, on n’approfondit plus rien, on est dématérialisé, désencré et désancré, même pas désenchanté, surexcité plutôt com du fil électric affolé,
on a perdu le temps, on est perdu dans l’espace,
on ne s’aime plus,
on fait dur,
allez, je vous laisse avec Plume, portez-vous bien et à la prochaine
P.S.: hey, les Québécois, parce que c’est surtout au goût du jour chez les mecs, on dit pas le chest, on dit la poitrine, ou le torse, câlisse!

