souvent je vais m’assoir au bord de la Voie Lactée
com au bout d’un quai
les jambes ballantes dans le vide cosmic
les Nuages de Magellan deux lampadaires, Andromède voisine
j’écoute la music polykrome des étoiles, la sinfonie polytonale des galaxies
parfois l’oreille tendue je perçois le murmure des ondes gravitationnelles
et parfois du coin de l’oeil j’aperçois une galaxie rougie disparaître
derrière l’horizon de l’univers
je suis une pensée dans Laniakea
du doigt je trace les filaments de sa tapisserie
retrace dans l’espace-temps la métafore de sa géométrie
Laniakea est dans ma tête, puis je me retourne
les années-lumière basculent
et le trou noir au coeur de la Voie Lactée
m’apparaît com un troisième oeil au front de l’humanité
Mylène Farmer, Interstellaires

