je suis assis au bout d’une table ovale dans un restaurant au deuxième étage d’un immeuble, cinq ou six hommes occupent les autres places, ils sont tous plus âgés que moi, je suis jeune, dans la trentaine, ce groupe dont je fais partie je l’appelle la confrérie, nous sommes des espions, sur la table y a des drinks, des paquets de cigarettes et des cendriers,
tous ces hommes ont l’air tofs comme on s’imagine des mafiosos d’âge mûr, y a d’ailleurs un mélange des genres dans mon rêve,
l’homme à ma gauche, dans la cinquantaine, me passe deux sets de clés sous la table, un set ordinaire, l’autre plus petit aux clés dorées qui appartient à l’homme à ma droite, qui lui est dans la soixantaine,
on se lève, le sexagénaire et moi, on descend les marches du restaurant et on sort, le sexagénaire marche vers un terrain de stationnement, moi je me prépare à remonter, pourquoi je suis descendu avec les clés? aucune idée, en plus que je n’ai plus le set doré du sexagénaire, j’imagine qu’il est parti avec, y a trois marches en bois devant moi, elles donnent sur la porte qui ouvre sur l’escalier, j’échappe mes clés dans une craque entre les marches, j’essaye de me passer la main dans la craque pour les récupérer, ça passe pas, je me penche sur le côté des marches, c’est ouvert, je vois mes clés sur le gazon en-dessous des marches, je ramasse une branche et tire les clés vers moi, me relève,
à ce moment-là deux espions ennemis dans une automobile descendent le sexagénaire à la mitraillette, exactement comme dans des films, mais sans le sang, le sexagénaire fait juste disparaître,
moi, c’est sûr, faut pas que les deux tueurs me voient, sans ça chu faite, je recule le long du mur et me faufile derrière le coin, j’attends, l’automobile s’éloigne, mais je me ferai voir si je retourne vers l’entrée, me faut faire le tour de l’immeuble pour m’assurer que les tueurs ont disparu,
de retour devant les trois marches, je les monte, j’ouvre la porte, y a une jeune femme souriante dans l’entrée, même que c’est peut-être elle qui a ouvert la porte, elle se tasse pour me laisser passer, en gravissant l’escalier qui mène au restaurant j’ai deux idées en tête,
uno, faut que j’annonce l’assassinat au quinquagénaire, celui qu m’a refilé les clés, que d’ailleurs je n’ai plus, elles ont disparu un moment donné sans que je m’en aperçoive comme les clés dorées du sexagénaire,
deuxio, que même dans la vraie vie un espion peut vivre des aventures comme James Bond,
rendu en haut je bifurque vers le bar, une jeune serveuse derrière le comptoir m’offre un chocolat au lait, je lui dis que non, je veux un Bloody Mary, elle s’excuse, je lui dis de pas s’en faire, c’est pas grave,
je jette un coup d’oeil sur la confrérie, y a maintenant une jeune femme à côté de chacun de mes compagnons et la table est remplie de victuailles,
le quinquagénaire me voit, il se lève, il me rejoint, je lui apprends la mauvaise nouvelle, il pointe vers une table vide en me disant de le suivre, on va en parler, on s’assit à la table, ovale encore, moi encore au bout, lui sur ma gauche, je me prépare à lui faire mon rapport, la serveuse s’en vient avec mon Bloody Mary,
toc! toc! toc!
j’entends les coups dans mon rêve,
toc! toc! toc! toc!
me réveille, c’est ma fille qui frappe à la porte de ma chambre, ah ben oui, elle est prête pour aller faire du shopping avec sa mère, okay, me lève, pas question de la laisser partir sans lui avoir souhaité une bonne journée,

