rêve
j’assiste à une assemblée de la variété liturgique, on est une centaine dans une salle du Curling Club sur Granite Way, toulmonde assis, étrangement calme, attentif aux paroles d’un quidam drapé en faux prêtre sur la scène en avant, je l’écoute d’une oreille distraite, que fais-je là? aucune idée, probablement pour complaire à une connaissance,
tantôt avant d’entrer je me suis déchaussé, un geste qui allait de soi dans les circonstances, laissant mes running shoes blancs neufs dans un coin du hall,
les gens dans la salle doivent maintenant remplir un formulaire et le remettre au quidam, je n’ai pas de formulaire, je consulte mon téléphone portable, Jasmine m’attend, elle est à la tête d’un groupe qui, comme beaucoup d’autres et voulant fuir la guerre nucléaire imminente entre les USA et la Russie, a décidé de quitter la Terre à bord d’une fusée pareille à celle dessinée par Hergé dans les aventures de Tintin et d’aller s’installer sur la Lune, la fusée de Jasmine, au coin d’Osborne et de Stradbrook, là où y a les cloches, prendra son envol dans une vingtaine de minutes, j’ai le temps de m’y rendre,
je me lève, je jette un coup d’oeil sur le formulaire d’un voisin : que des rangées de petits carrés bien alignés sur la page, c’est pas mon bag,
je sors, surprise! alors que tantôt il n’y avait que mes running shoes dans le coin du hall, asteur y en a des dizaines, autant dans un autre coin, et plus loin dans un couloir, et j’ai beau fouiller, ceux qui auraient pu être les miens sont tous plus ou moins sales, je m’informe auprès de quelqu’un qui s’adonne à passer et qui me suggère d’aller voir dans la remise là-bas au bout du couloir, j’y vais, elle est remplie de running shoes, les miens n’y sont pas, je retourne dans le hall et voilà-t-y pas qu’y a un stand de chaussures neuves comme dans un magasin, des souliers, des bottes et des running shoes, mon regard est tusuite attiré par une paire de bottes de cowboy noires à la semelle brune, je vérifie la pointure, du 12, parfait, je les enfile, elles me vont à merveille,
je quitte le building, traverse le pont et me retrouve avec deux jeunes femmes qui descendent Osborne avec moi, l’une d’elles, picotée sans allure, me demande si je la reconnais, non, je ne la reconnais pas, elle nomme quelqu’un pour me rafraîchir la mémoire (j’ai oublié qui au réveil), je crois me souvenir d’elle maintenant, que je lui dis, mais c’est pas sûr, elle me demande une cigarette, pas de problème, puis je lui dis que j’ai créé un personnage, Charlotte, qui elle aussi est picotée sans allure, et je voudrais savoir, sans vouloir être indiscret, si elle a des taches de rousseur ailleurs que sur le visage et dans le cou, parce que Charlotte en a sur les épaules, sur les bras, dans le dos et sur la poitrine, oui, elle en a autant que Charlotte et elle en a même sur les jambes,
on arrive sur River, l’autre jeune femme n’a pas dit un mot, je regarde mes bottes de cowboy noires et reluisantes et je me rends compte que j’y suis tellement à l’aise que les pieds et les chevilles ne me font pas mal, aucun inconfort, aucune douleur, – je précise que la veille je me suis patenté un coussin respectable, du sérieux, avec un couvre-lit queen size rembourré pour y soulever mes jambes la nuit, celui d’avant avait fait son temps,
je souris,
et je me dis que non, pas question de partir pour la Lune, au diable la guerre nucléaire, qu’ils se la fourrent dans l’ cul, too bad pour Jasmine et sa fusée par contre, j’aurais bien aimé, too bad aussi pour les deux jeunes femmes, je me serais essayé, avec la picotée ou avec la silencieuse, l’une ou l’autre aurait fait l’affaire,
mais je veux être à la maison quand ma fille revient de l’école, c’est plus important,
léger dans mes bottes je change de cap,
DS9
« Gloire aux braves », saison 6, épisode 5
[du haut d’une mezzanine Odo et une compagne observent l’activité sur la promenade, comme lui elle est du peuple des Changeants, une race gélatineuse, et a pris une forme humanoïde (les Solides)]
Odo : C’est étrange. Je suis venu ici souvent, mais tout me semble différent.
compagne : C’est à cause des Solides. lls paraissent petits. lnsignifiants.
Odo : Ce n’est pas de leur faute.
compagne : Je ne les blâme pas.
Odo : lls sont prisonniers.
compagne : Réduits à une seule forme.
Odo : À une seule perspective.
compagne : lls sont si limités.
Odo : Je les plains.
(trad.: opensubtitles.org)

