The Angels have the Phone Box.
Doctor Who, Blink
le corps dit au décor où se courber
le décor dit au corps où se déplacer
tu mènes ta vie tel qu’elle te mène
la vie te mène telle que tu la mènes
des fois tu résous le casse-tête
plus souvent tu résous pas grand-chose
le temps coule dans nos veines
nous spiralons avec le soleil
nous sommes aléas du cosmos
c’est affaire d’esprit, de conscience, d’âme
c’est aussi simple que de penser que la pierre que je tiens dans ma main restera suspendue en l’air quand je la lâcherai ou de prévoir le nombre et la couleur de mes randonnées dans la Voie Lactée sur mon bécik à pédales cosmic, mon bpc, je roule à vélocité ajustée sur l’extravagance des bras spiraux, ou de répéter toujours comme probable l’incroyable énormité du temps sur les mers quantics
ou quand alien j’arpente la ville mon radar sur les mots que le monde échappe et que j’attrape au vol ou ramasse au sol, prismes dans les reflets après la pluie, l’air sent la matière mouillée, je respire à fond et des mots accrochés je tisse une ribambelle d’enfants que je lance en l’air et que le vent emporte, c’est aussi simple
c’est affaire de conjectures, d’analogies, de motifs
c’est de la music
c’est mathématic et les émotions
fysic et spéculatif
tangible mais ni partout ni toultemps
le monde est mobile dans sa continuité et si, en cette saison de grand désarroi, de narration décousue, de mises en scène disloquées, on est mêlé dans nos histoires et mélangé dans nos vecteurs, confusion devant le miroir collectif, nos murs craquent, nos portes branlent, notre maison s’effrite, on s’inventera d’autres histoires, on définira d’autres vecteurs pendant que perplexes les fenêtres regardent l’IA se refaire une beauté
tu penses le monde tel qu’il t’apparait
tu apparais au monde tel qu’il te pense
des fois tu sors du labyrinthe
plus souvent tu t’égares dans tes forêts

