Je reprends ici, en français et quelque peu remanié, ce que j’avais écrit sur FB il y a quelques semaines à propos du retour de cette série.
Cinq épisodes jusqu’à date. Mon verdict : David Lynch est un génie, un maître qui inocule du virus de l’étrange le terre à terre du tissu social, un magicien qui fait dévier le feuilleton mélo dans les allées insolites du surréalisme et qui souvent le fait déraper dans les couloirs lugubres du cauchemard.
The Return répondra-t-il aux questions laissées sans réponses il y a 25 ans? J’en doute. Lynch, avec son complice Mark Frost, nous entraîne encore plus loin en territoire trouble. Dès le premier épisode la série contient suffisamment de pirouettes, de revirements et de nouvelles intrigues greffées aux anciennes pour satisfaire les fans les plus purs. De nouveaux personnages côtoient les personnages familiers, maintenant vieillis et ridés. De longues scènes où il n’arrive rien s’étirent dans un silence menaçant. Des scènes bizarres livrées en stop-motion égrènent des indices incompréhensibles. Des scènes normales ponctuées de dialogues ordinaires glissent vers le baroque et l’inusité ou se heurtent avec violence au mur implacable du réalisme (ainsi, dans le cinquième épisode, une scène puissante, brutale, insoutenable de vérité, qu’on voit venir avec angoisse, vous dirai pas laquelle).
The Return n’est pas un retour nostalgique vers le passé. C’est au contraire la continuation d’une descente vertigineuse dans l’univers excentrique de son créateur.

