ma vieille concierge, une vraie punaise, quand j’étions jeune hom indigent et que je vivions sur Saint-André dans le bas de la ville à Montréal, et plus d’un soir je me suis quasiment pris pour Raskolnikov pour voir,
que dans le noir de ma fenêtre j’épiais qui faisait semblant de rien en se déshabillant dans la lumière de la sienne, fallait nous voir le lendemain se voisiner mine de rien,
la noire sculpturale, vibrante et enjouée au grisant parfum épicé, voisine que j’aurais donc dû me donner l’occasion d’aller renifler d’un peu plus près un soir pour voir,
l’hindoue âgée qui habitait de l’ôtre côté de la ruelle, elle souriait peu, ne parlait presque jamais et son mari, un ancien syndicaliste de Grande-Bretagne, m’avait rapporté que mère Térésa travaillait pour la C.I.A.
qui se promenait en brassière et en p’tites culottes dans son appartement de l’immeuble voisin et les soirs que sa coloc faisait pareil c’était plaisir que de les regarder s’affairer à leurs affaires en tenue légère,
notre voisine de palier, aux principes solides, aux idées bien arrêtées, qui nous avait piqué une crise d’épilepsie un après-midi qu’elle n’avait pas pris ses pilules et que son mari était parti à l’épicerie,
une danseuse dans un bar, Française, ondoyeuse, blanche, aux grands cheveux noirs, elle avait une parlure à faire damner un Québécois, je l’ai faite se tortiller trois fois à ma table, je me l’aurais donc louée pour la nuit,
ma voisine de classe à l’université, elle me laissait plonger l’oeil dans l’échancrure de sa blouse en faisant semblant de rien juste pour le kick,

