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le journal d'un miroir

le journal d'un miroir

je sème des pensées d'humanité dans les champs étoilés de la Voie Lactée

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Catégorie : déviations

nsfw (Jenny)

Posted on 2023-07-232023-07-23 By Jean 3 commentaires sur nsfw (Jenny)

J’ai de plus en plus de mal à forger puis camper un personnage de romancier crédible auquel attribuer mes phrases.
Éric Chevillard, L’Autofictif 5446

ou comment compléter un texte vagabond

le récit dominant — la pensée unique — est d’une puérilité assourdissante, abêtissante et malfaisante, qui se pose un peu là comme le camp du bien, de la démocratie et de la liberté, comme s’il s’agissait d’un match de foot, et selon quoi tout ce qui en dévie est par conséquent le mal, la dictature et la répression,

constater que même les plus intelligents parmi mes semblables se laissent emberlificoter par la répétition des mêmes clichés, avalent sans réflexion les narrations éculées dont on les abreuve, me fascine, me chagrine, me fâche et pourtant ne me surprend pas, l’humain est si facilement aveuglé par le mensonge, si facilement manipulé par la falsification du réel,

or Jenny, c’est pas son vrai nom, est sud-coréenne, elle parle plus ou moins l’anglais, travaille à la petite épicerie du coin tenue par un couple sud-coréen (une affaire de famille et de connaissances proches, cette épicerie), me lance toujours un beau «hi, john!» souriant quand je viens y faire mon marché, elle doit être dans la quarantaine et comme beaucoup de femmes asiatiques elle ne le paraît pas,

j’ai été happé par son charme dès la première fois que je l’ai vue, le lui ai dit un moment donné, «you’re a vèré bioutifoul woman,» en effet, je la trouve belle, séduisante et lisse comme une tulipe orientale, fraîche, avenante et délicate comme une fleur de lilas,

si je le pouvais je l’emmènerais dans le jardin de l’amour courtois et un soir que je m’étendais pour ma sieste,
— d’une heure, une heure et demi, vers dix-neuf heures, dix-neuf heures trente, histoire de me reposer avant ma nuit d’écriture (ou de farniente, c’est selon la dérive des continents) —
j’ai rêvassé d’elle avant de m’endormir, me suis imaginé qu’elle m’invitait chez elle pour soigner mon oeil gauche,
— j’ai pété un petit vaisseau sanguin dans mon globe oculaire en toussant à m’en arracher les poumons sur ma pipe à dope, du sang s’est ramassé dans le blanc de mon oeil, déjà très endommagé par le glaucome —
elle me reçoit dans un peignoir diaphane et coloré à travers lequel se dessine sa fine silhouette sous un chemisier et un slip transparents,
— j’aime voir clair derrière l’écran de fumée de nos racontars —
elle me dit d’ôter mes jeans, on sera plus confortable, de m’assoir sur la chaise, là, elle s’est équipé d’un onguent, m’en a expliqué la composition, mais son anglais est si approximatif que j’ai pas bien compris, c’est pas grave, elle s’installe face à moi à cheval sur mes cuisses, les siennes douces comme de la soie, son peignoir entrouvert sur sa poitrine frivole aux petits seins parfaits, me dit de fermer l’oeil sur la paupière duquel elle applique son remède, légèrement, si légèrement, qu’elle recouvre ensuite d’un cache-oeil,
— moi pirate du soleil couchant qui aurait enlevé une princesse du soleil levant —
«one hour,» qu’elle dit, «you keep one hour,» son peignoir maintenant grand ouvert, mes mains sur ses hanches,

je me suis endormi sur cette fantaisie et j’ai rêvé que je tournais en rond dans le tourniquet de mes émotions, me suis réveillé avec Jenny dans ma tête qui dansait sur la Voie Lactée,

désir pastel au coeur
passion à l’horizon mandarine
flamme éternelle en secret
galant émoi aux fleurs de jasmin

c’est l’effet qu’elle me fait, je pourrais l’aimer si j’en avais l’habileté, alors l’aimer de loin par peur de trop près d’en briser la frêle immanence, l’approcher sans perdre les sens, la saisir en virtuel, mais ne pas la cueillir par crainte de me défraîchir et pour ne pas la décevoir,

et lui chanter en mélodies feutrées
ses pas dansés sur la Voie Lactée
avec elle valser sur le bras de Persée
pour ne plus jamais revenir au monde abîmé

sinon essayer de le réveiller le monde, lui (re)donner le droit d’aimer, mais le monde se tortille dans le mauvais rêve de la pensée faussée, grouille de malaise dans le cul-de-sac du récit imposé, gigote de fatuité dans l’infection de la régnante ignorance,

ah! qu’à cela ne tienne, il me restera toujours l’envol de mon imaginaire et toutes ces femmes que j’aurai sculptées avec de la poussière d’éternité,

allez, je boucle cette suite vagabonde avec Jimi Hendrix, Stone Free

déviations, entrées, fictions

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L’humanité a un destin étoilé qu’il serait bien dommage de perdre sous le fardeau de la folie juvénile et des superstitions infondées.
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