Là où l’amour n’existe pas, la raison, elle aussi, est absente.
Fyodor Dostoievski, Les carnets du sous-sol
je veux bien vous souhaiter une bonne et heureuse année, mais j’ai bien peur que 2022 sera pire que les deux années que nous venons de traverser, elles-mêmes la continuation de décennies de privatisation du monde par une élite toujours plus puissante et d’appauvrissement d’une population toujours plus asservie,
oui, nous glissons vers une dictature qui ne se cache plus, pourtant que vous ne savez voir, et vous comprendrez que si elle nous impose ses lois rébarbatives, c’est évidemment pour notre bien, la belle affaire,
comme si l’élite qui dirige le monde avait notre bien-être commun à coeur, ben woèyons donc, elle tient à sa richesse, à son pouvoir, à ses privilèges, elle en a rien à branler de nos petites misères,
elle est propriétaire du monde, nous n’en sommes que les locataires,
ne soyez pas naïfs, elle le voit bien, cette élite, que le monde chambranle sur ses assises, que les murs craquent, qu’il s’effondre, elle sait, et depuis longtemps, qu’elle en est responsable, et nous aussi qui la laissons faire, hypnotisés que nous sommes par ses promesses de lendemains qui scintillent, elle sait que si elle veut protéger ses tours d’ivoire il lui faut mater la meute, c’est-à-dire nous, la subjuguer par la peur, par la force et par le mensonge,
nous ficher, nous surveiller, nous contrôler,
et jusqu’à date ses manigances lui réussissent, nous nous soumettons et plus nous nous soumettons, plus elle ambitionne, plus elle pousse le bouchon, plus elle recule les limites de ce que nous acceptons de supporter,
bon, allez, malgré ces réflexions sombres je vous souhaite quand même une bonne année 2022 et je vous laisse avec George Harrison, Wah-Wah,
« I don’t need no wah-wah »

