visibles

blocs armés fichés sur trônes
bunkers sournois fébriles
autoroutes en bretelles souples
traces d’humains traqués

possible défenestration des gardes
soleil horizontal, horizon métal
des tuyos se tortillent le plastic
l’océan d’azote liquide bouillonne

une métacosmonaute à feux rouges et jaunes et à ras de terre chambranle, nue stupéfiée, tristement allongée le long de ruines algébrics, plantée d’électrodes elle sourit néanmoins, un oizo véloce bat des ailes, suie noirceur, rappel de certains états d’âme, des sfères éclatent, des tranches de planètes lévitent en plaques d’herbe holografs de vaissos

un gnome brisé par le désir s’ajourne dans le labyrinthe, son corps pointu déchiré cambré menu, avions, jets, ovnis, arbres desséchés, une fillette préoccupée précédée d’un chat déridé file à pas rapides

la métacosmonaute examine les jupes éventrées et les chairs accélérées sur fond délavé étriqué, se libère de ses électrodes, géante et polycolorée, s’enrubanne les cuisses de lavande et se glisse, soucieuse, des serpentins d’or aux bras

le satellite fragmé poursuit sa course, des guerriers sur rails franchissent ce qu’ils peuvent, une colombe, toujours la même, les survole telle une sfynx clippée aux millénaires

la métacosmonaute déploie son troisième bras, crochet sanglant, poupée chauve, une clé à l’oreille. camouflée elle flotte, mère reptile elle se transforme en oizo de pierre, cathédrale en cimetière, voûte en arbre

des papillons ternis requinqués l’accompagnent et découpent des tourelles devant elle qui, vêtue tortue, l’oeil gris, l’éraflure à l’âme, détraque un robot grotesque qui piétinait une portée musicale dans une mise en scène habilement orkestrée par l’oeil écorché du métal espion

un sage longiforme multimembré, venu d’un ôtre monde et qui dorlote la végétation clairsemée distribue licornes et boucliers, des trous noirs épivardent l’espace en croquis quasi pastels et en teintes fondamentales, alentour des bêtes, encor des bêtes, courbées emboîtées, saisies par la férocité, tirées, triées, mutées par les blocs de granit

sur une paroi d’ombre les nuances d’un message télépathic esquissent le profil d’une galaxie blanche com du blanc d’os, écrans agrandis sur nuages violets, un rocher en flottaison sur une mer linéarisée par des quais d’embarquement perd son acide

sous la lune ronde un poète barbu harnaché aux doigts palmés se tait cependant qu’un astrotemporel épilogue sur la grande noirceur à venir dans la clarté en allée

elle, la métacosmonaute, éberluée telle une amante meurtrie, incante les vidéos, chevauche les mégapoles et se déploie dans le monde com une suite propensive de possibilités et d’entités volantes aux bras tendus qu’elle agrippe, adroite, pour en lécher la peau frémie

passe la pensée d’un astronef, mâts d’alu, voiles arabesques, un rouleur holo compact incarne et complète l’accostage des navires superposés

la métacosmonaute, les chevilles écumées, enfile le ciré rouge de la mémoire et file dans le bleu de l’avenir malgré la terreur qui la plisse et qui la plie, un jeune hom encapé se propose en échange de l’escalier en colimaçon de son enfance, elle refuse, sachant que la lourdeur lancinante des gens abrège l’existence des images

des aliens anfibiens émergent des sables dans lesquels des voyageurs irrités s’enlisent

la métacosmonaute ramasse la fillette au chat déridé et s’en va recommencer le monde ailleurs

des vaches pensives contemplent les transformations du réel, fines exhalaisons de rêves bariolés, le tout emprunté à des reflets muets de l’ Histoire

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