le petit chat

je visionnais le film Threads, en version originale anglaise comme de raison, qui expose brutalement les effets immédiats, à court terme et à long terme d’une guerre nucléaire, et savez-vous ce qui m’a touché le plus? m’a le plus fait mal? pas les humains volatilisés, pulvérisés, carbonisés, déchiquetés, démembrés, irradiés, empoisonnés, contaminés, affamés, déformés, qui errent comme des âmes abruties dans les ruines de leur monde, c’est horrible, c’est effrayant, c’est pas beau, vraiment pas beau,
mais je me dis, que voulez-vous, on ne parvient pas à s’entendre, on s’engueule, on se menace, on joue au plus toff, on se garroche des bombes nucléaires en pleine face pour montrer c’est qui qui mène, on se volatilise, tant pis pour nous, on l’aura bien cherché,
non, ce qui m’a fait de la peine dans le film, c’est le petit chat, après l’avoir vu dans quelques scènes auprès de sa maîtresse alors que le monde était encore le monde, on le revoit, cette fois-ci peu après les explosions, dans deux scènes brèves et rapprochées, dans la première il est de face, incapable de garder son équilibre, s’affalant sur le côté, désorienté, déjà à moitié mort dans les débris, ses yeux vitreux butés sur l’incompréhensible, dans la seconde scène il est de dos, il a réussi à se retourner, il n’arrive pas à marcher, il peine à se tenir debout, son système nerveux est grillé, il n’en a pas pour longtemps,
c’est ça qui m’a pincé au coeur, la pure innocence violée, violentée, profanée, souillée, anéantie,
au revoir petit chat et fuck les humains!

Publié dans entrées | 2 commentaires