vlc! (13) ces voisines fictives

par ailleurs, si je voulais me vautrer dans l’évocation de mes voisines patentées et que je commençais avec Albertine, je me rendrais bien compte un moment donné qu’il ne s’agit pas d’une voisine, mais d’un voisin, ce qui ne me dérangerait pas une miette, en fait un de mes voisins pour de vrai en était une, de voisine, on s’entendait très bien, et je n’eus que des paroles plates à lui dire quand il m’a appris qu’il mourait du sida,
puis Emma Bovary, ah! Emma! mais je lui conterais fleurette à la coquette!
j’enfermerais Esméralda dans ma cathédrale de rêve pour me la garder à moi tuseul pour toujours com un bossu jaloux,
j’aurais voulu que ça soit Grouchengka, je l’aurais aimée d’amour fou, je me serais perdu pour elle, j’aurais fini en prison com Dmitri, l’âme illuminée,
ou Mara, je l’aurais ravie dans un ballroom pour danser collé, elle dévergondée com Kathleen Turner, moi verbo-moteur com Henry Miller,
Roxanne, par exemple, je me moquerais pas du nez de Cyrano, c’est certain, mais je m’arrangerais pour lui chanter la pomme un soir, c’est sûr,
et Shéhérazade, je la garderais prisonnière dans mon palais de cristal pour qu’elle me raconte des belles histoires tous les soirs nue sous ses gazes,
ça serait Nana que je la courtiserais tous les soirs pour essayer toultemps de tout voir,
je rencontrerais Gilberte Swann à Paris, que je n’ai jamais vue, mais j’ai vu la mer, que je lui déclarerais que Marcel Proust est le plus grand écrivain français au monde, il a rameuté tous ses mots, lui, et que j’haïrais pas ça lui jouer dans ses p’tites culottes, celles à Gilberte, pas celles à Marcel,

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