mon secrétaire

(texte pondu entre deux romans, histoire de faire mes gammes)

par ailleurs j’avais, sur mon secrétaire,
alors que la semaine précédente la secrétaire de mon avocat, me guidant dans la paperasse, s’était penchée vers moi pour me montrer ses totons roses en dentelles dans l’échancrure de sa blouse en jasmin,
j’avais, donc, mon coffre à cossins en bois de quinze centimètres de long par dix de large par six de haut, bien brun, bien beau, avec, quand on l’ouvrait, collé à l’intérieur du couvercle, un sticker du lapin Playboy, édition française, et, dedans,
sept diapositives du temps passé à Champlain, PQ, avec l’ex et des copains, quand on étions jeunes, fringants et sans enfant,
l’ex sur le lit dans notre chambre dans la maison au bord du fleuve qu’on s’était louée en gang,
le chat sur le balcon d’en avant,
un chum accoté contre un arbre,
l’ex dans la cuisine,
moi derrière elle enlacés dans un champs de maïs, mes mains sur sa poitrine,
moi dans le salon,
enfin le derrière de la maison, une belle maison blanche et verte à deux étages et quatre balcons spacieux pour accomoder toulmonde,
on trouvait ensuite, dans mon coffre à cossins,
une bague en cuir qu’un indien m’avait donnée,
une ôtre bague, en cuivre celle-là, creusée d’iéroglyfs, que j’avais longtemps portée au majeur droit,
une poignée de tiroir ovale mesurant vingt millimètres de long par dix-sept de large, avec un tronc perpendiculaire planté com un mini tunnel où qu’on vissait,
une minuscule médaille de Marie Mère de Dieu, lumière dans un monde aveugle, et un chapelet en plastic fosforescent, lui, dans le noir, que ma grand-mère m’avait donnés avec sa bénédiction et que j’avais gardés, moi l’athée, par respect pour elle,
une ôtre poignée de tiroir ovale, soeur de la précédente,
le beau bracelet en cuir noir que l’ange m’avait tressé et que je me snapais au poignet pour avoir l’air cool,
deux clés, une de porte, une de cadenas,
un bouton à quatre trous de seize millimètres de diamètre,
une pièce de un franc français,
une de un peso mexicain,
enfin trois élastics pour les cheveux, deux noirs, un brun,
et, du brun au brun, on lâchait mon coffre à cossins pour voir qu’il y avait en outre, sur mon secrétaire,
alors que le mois précédent la secrétaire de mon docteur, remplissant la paperasse, s’était penchée sur son bureau pour me montrer par le col ouvert de sa blouse repassée ses gros totons blancs serrés dans leur brassière stricte,
qu’il y avait en outre, disais-je, mon cadran électric marron sur un rectangle de feutre vert foncé,
mon dictionnaire le ti-Bob,
trois cahiers d’écriture remplis à ras bord de mots entêtés qui voulaient tous rimer avec le mot liberté, cahiers dans lesquels tantôt je comptais partir à la pêche aux métafores pour en faire un poème désossé,
l’emballage vide en plastic bruyant de deux douzaines par une quinzaine par une demi-douzaine de centimètres de galettes pita satisfaisantes, chèsses et farineuses,
le contenant rond en plastic blanc de crémage à gâteau de cent millimètres de haut, de soixante-quinze millimètres de diamètre et couronné d’un rebord de trois millimètres, qui me servait de pot à crayons, j’avais refilé mon étui en tissu carroté vert à ma grande pour l’école, et qui contenait
cinq Bic bleus à pointe moyenne,
un Bic rouge à pointe fine,
un Venus noir sans indication de pointe,
les cinq centimètres restant d’un crayon à mine HB, j’avais ossi refilé mes trois pas entamés à ma grande,
un piti t’éguisoir en plastic jaune
et la règle en plastic transparent de cent cinquante millimètres ou quinze centimètres ou six pouces avec laquelle je mesurais le monde,
ensuite mon pot de confiture en vitre dans quoi je garrochais mon change pour me dépanner plus tard et plus tard survenait toujours trop vite,
enfin une boîte rectangulaire en carton de vingt-trois centimètres de long par huit de large et huit de haut dans laquelle j’entassais bills, missives et ôtres papiers et toultour de laquelle j’avais collé des fotos de galaxies pour l’enjoliver,
j’avais ossi, sur mon secrétaire,
alors que l’année précédente l’assistante de mon dentiste, occupée à me travailler les dents, s’était pliée en deux pour mieux voir et pour me montrer par l’ouverture de son uniforme déboutonné par inadvertance l’ampleur de ses totons café dans leur brassière rose,
j’avais, donc, un bout de papier de toilette chiffonné,
mon livret de papiers à rouler Player’s accoté com un chum sur mon paquet de tabac Player’s, toué deux tout bleus, mais j’ai beaucoup toussé depuis,
mon cendrier rond en vitre noire de quinze centimètres de diamètre et trois de profond, avec un rebord de deux centimètres d’épaisseur à quatre creux équidistants pour les cigarettes et dans l’un desquels, bien cordés pour les fumer plus tard dans ma pipe à dope, reposaient trois généreux mégots de joints,
ma tasse de café,
le capuchon bleu du stylo Bic avec lequel j’écrivais ces lignes follement laminées,
mon cahier d’écriture ouvert au présent et dans lequel tantôt je ramènerais ce que j’aurais pêché dans les trois ôtres,
ma lampe à gauche,
mon miroir en face,
puis mes deux avant-bras,
rêvons donc ôtour d’un feu dans une clairière la nuit,
mon copain Villon viendra tantôt nous chanter des poèmes,

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6 réponses à mon secrétaire

  1. Jean dit :

    Robin Monroe (Anne Heche): What are you looking at?
    Quinn Harris (Harrison Ford): Nothing.
    Robin Monroe: Something.
    Quinn Harris: Nothing.
    Robin Monroe: Oh, don’t give me that, you were ogling.
    Quinn Harris: Ogling? Let me ask you something. When you go into a department store to buy something like that what do you say to the clerk ‘give me that outfit so no one will look at me?’
    Robin Monroe: No, I like people looking – just not you.
    Six Days Seven Nights
    http://photos1.blogger.com/blogger/2088/2881/1600/6days-7nights_37.jpg
    dis-le s’il te faut la traduction

  2. catse dit :

    merde même la secrétaire du notaire te montre ses nichons , ah et puis l’assistante … t’es sur là ? ah ah
    t’as du PQ dans ton secrétaire ? pourquoi pas ah ah , ça doit pas avoir le même sens chez vous !
    ah t’es comme moi tu te traines des chapelets que t’oses pas jeter , car il ne faut jamais jeter un chapelet !

    quel bordel dans et sur ton secrétaire et toi quel chef de gare tu fais hé hé

    • Jean dit :

      par inadvertance, les nichons, que veux-tu, je suis assis, elle(s) se penche(nt), mon oeil tombe dans la béance d’une blouse…
      je sais pas ce que PQ signifie chez toi, mais ici c’est Province (de) Québec

      • catse dit :

        ah ah ici c’est papier Q (ou papier pour s’essuyer les fesses )
        bien sur …..bientôt ça va être de sa faute à cette pauvre fille , peut être qu’elle devrait aussi s’excuser d’avoir des seins hé hé

        • Jean dit :

          ce que je me demande parfois c’est si elles sont conscientes qu’en se penchant ainsi elles offrent leurs nichons à la vue, si elles le sont s’attendent-elles à ce qu’on détourne le regard à la gentleman? ce que je ne saurais faire, tu comprends bien! quand l’occasion se présente je jette un coup d’oeil, la vie est trop courte pour ne pas l’enjoliver de regards indiscrets,

          • catse dit :

            oui et non !
            si oui ce n’est pas la même façon de faire , il y a quelque chose dans le regard ou dans le visage ou la façon de le faire ,même si c’est l’air de pas y toucher .
            et… non , car si depuis ta naissance tu as de beaux seins (ou un beau regard ),tu n’y penses pas 24 h sur 24 h quand tu marches ou te penches ..
            dans ce cas c’est involontaire
            mais toujours si tu zieutes une femme va s’en apercevoir et très souvent ,chez celles qui se trimballent de beaux nichons avec des décolletés ad hoc, j’entends des remarques comme quoi les mecs ne pensent qu’à ça .. des chiens etc
            il y a une grande ambivalence chez les « beaux seins « , il faudrait que ceux qui zieutent soit ceux qu’elles veulent ,les autres regardez pas !

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