l’écriture inclusive virée su’ l’ top

Soit les deux instances suivantes d’écriture inclusive, relevées dans l’article L’obscénité : des élu.e.s d’Île-de-France dorment à la rue pour «mobiliser sur le sort des sans-abris» sur le site Paris-Luttes.Info du 28 février :
– ielles (D’autant plus qu’ielles ne semblent …, à la ligne 11)
– celleux (…donner bonne conscience à celleux…, à la ligne 15)

Non mais, ça va pas la tête? Ça veut dire quoi, ces constructions absurdes et ridicules?
Pourquoi ne pas tout simplement écrire:
– D’autant plus qu’ils et elles ne semblent;
– donner bonne conscience à ceux et à celles;
ou:
– D’autant plus qu’elles et eux ne semblent;
– donner bonne conscience à celles et à ceux.

Pis, à part ça, le s à celles, il est où, han? Ce qui nous donnerait celleusx, celleuxs ou celleseux. Okay, mettons que le x est une variable qui représente les deux genres au pluriel. Reste que celleux est grotesque.

Bon, je veux bien m’accomoder de constructions telles que élu.e.s, exilé.e.s et tou.te.s, ces deux dernières instances à la fin de l’article; on peut aussi y aller du point médian, élu·e·s, exilé·e·s, tou·te·s; ou de la parenthèse, élu(e)s, exilé(e)s, tou(te)s, mais paraît que la parenthèse dans ces cas-là est elle-même exclusive, plus précisément fausse inclusive, que le genre féminin y est représenté comme accessoire et complémentaire, pas sur un pied d’égalité, comme une fioriture en passant, une parure en annexe, une pièce jointe pour bien faire.
Personnellement je préfère le détour : des élus et des élues, des exilés et des exilées, tous et toutes, quoique j’aime bien la construction toustes que j’ai rencontrée la première fois dans un courriel de Bertrand Nayet (on peut retrouver le bonhomme ici et ici).
Ou : des élus, hommes et femmes; des exilés, hommes et femmes.
Reste toujours le bon vieux masculin générique ou pluriel, inclusif des deux genres.

C’est dire que le bateau de l’incohérence vogue et vogue sur la mer à boire des identités.

J’ai en outre relevé une faute de syntaxe courante aux lignes 17 et 18 : … des logements et bâtiments vides.
Mais non, on répète l’article et on écrit : des logements et des bâtiments vides.

Cela dit, je suis tout à fait d’accord avec la position soutenue dans l’article.

Un mot d’Éric Chevillard pour conclure:
La Mère Goriot, Les Soeurs Karamazov, Olivia Twist, la littérature ne saurait se dispenser de ces légères retouches lors des prochaines rééditions.
L’Autofictif, 3580

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6 réponses à l’écriture inclusive virée su’ l’ top

  1. catse dit :

    on tombe sur la tête avec cette volonté d’égalité à tout prix ,même les plus ridicules !
    dans l’autofictif je ne vois pas ce qui cloche ??
    mon grand père qui était originaire de Lyon disait toujours en me voyant « tiens voila la gone »
    c’est l’enfant, le gamin. On peut l’utiliser au féminin et au masculin.

    • Jean dit :

      Chevillard se moque justement des excès de l’écriture inclusive en proposant de féminiser les titres masculins d’oeuvres romanesque, ainsi Le Père Goriot deviendrait La Mère Goriot, Les Frères Karamazov deviendrait Les Soeurs Karamazov, Oliver Twist deviendrait Olivia Twist, etc., c’est de l’ironie,

      • catse dit :

        ah oui c’est tellement inscrit dans mon esprit que c’est « le père Goriot, « que je n’avais pas vu la mère….. et pourquoi pas Goriotte ,au moins ça serait marrant !
        il y en aussi ici qui pense qu’il faudrait réviser les livres , voir pourquoi pas pendant qu’ils y sont foutre des seins à la statue de Adonis !
        c’est un grand n’importe quoi risible et qui désert la cause des femmes qui a mon avis se trouve ailleurs .

        • Jean dit :

          y a toujours des débordements dans chaque mouvement, j’ai rien contre la féminisation des noms de métiers et de professions, des titres, des grades, etc., faut quand même pas virer fou, pis t’as raison, la cause des femmes n’est pas toute dans le langage, même si les revendications de ce côté ne sont pas dénuées de mérite, loin de là,

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