l’écriture com voyeurisme

(…) le mystère est en nous-mêmes, non dans les mots.
Jorge Luis Borges, Guayaquil

l’argent est sans intelligence, nous lui sacrifions pourtant tout le jus de la nôtre, l’argent travaille pour l’argent et nous en soms les esclaves, tout ce que nous faisons, nous le faisons pour l’argent, l’argent est devenu notre priorité première primitissime numbeur ouane èn onlé, l’argent nous mène de la naissance à la mort, non mais quand j’y pense, venir au monde dans la majestueuse beauté dé los cosmos pour n’y faire que du ca$h, puis mourir, c’est con
bien
entretemps je sèmerai mon écriture désordonnée sur l’autoroute ailée de l’internet com dans un beau char volé, et ça m’avait brisé le coeur quand la voluptueuse Dolorès s’est retrouvée jingle de char, je sèmerai ma langue ici au Canada pour commencer, où qu’on est les yoyos des Iouèssés, qui sont le trou du cul du monde, je la sèmerai en France, où toulmonde il est beau, toulmonde il est gentil, en Belgique ossi, mille milliards de mille sabords de Tonnerre de Brest! je la sèmerai en Afrique, dans lé ‘égions où qu’on y en pa’ler en fwançais, bwana, je la sèmerai jusque dans les pays du soleil levant, où le misélable vel de telle balagouine le flançais, de retour dans les Amériques j’en saupoudrai l’ Équateur, soufflé van, mon, soufflé van, je disséminerai mes textes insoumis toultour du monde pour faire pousser des fractales de liberté, olé
en fait, je vais vous dire, je ne crois pas en l’argent et l’argent me le rend bien, je crois en la vie, je crois en l’amour, ainsi qu’aux totons et aux castors, j’avance rêveur éveillé dans mon écriture pas d’allure, je me prends pour le miroir de toulmonde

nous avons peur de la vie, nous craignons la liberté, nous paniquons devant l’amour, nous soms des hésitants et nous restons sur la défensive, nous s’inventons des tonnes d’effets spéciaux pour se faire vibrer le semblant du vivant, mais nous ne soms que des zombies qui marchent au ca$h, et nous avons donc peur de mourir, nous soms coincés, en équilibre précaire entre la vie que nous faisons semblant de vivre et la mort que nous faisons semblant de ne pas voir, nous soms prisonniers de nos propres fantaisies, victimes de nos araignées dans le plafond, jouets de nos folles du logis, nous fonctionnons à l’émotion en prétendant opérer à la raison, le grand désir vivace, LE GRAND DÉSIR VIVACE nous traverse de part en part, mais nous faisons semblant de ne pas être transparents
qui ça, nous? mais toulmonde, que diable, toulmonde! nous ôtres, les gâtés des pays riches, les endormis de la démocratie, et les ôtres, les pas chanceux des pays moins riches, nous tous, les prisonniers des idéologies, tout ce beau monde qui se chamaille et qui se barricade, tout ça, nous ôts, les humains, ça marche au ca$h, eh oui

moi je prends mon pied avec mon écriture, je baise à m’en chèsser les noix avec ma langue française, que j’aime d’un amour qui ne veut pas mourir, j’embraye mes textes sans savoir comment ils finiront, parce que pour commencer l’écriture n’est jamais finie, l’écriture est vivante, je déroule mes textes ligne après ligne, ici et là je change de paragraf parce que
chemin faisant je parle d’amour et de liberté, yé

les étoiles, patientes, nous attendent
moi je vous attends chez Rigel, sur Sirius 4

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