le bum, premièrement

chu un bum, j’ai grandi à Montréal, ma ville à moé, je voulais devenir astronaute, j’ai viré poète,
mon chum ti-Pierre, lui, le peintre, le musicien, le moraliste, ambitionnait de faire carrière en tant qu’ultime robineux de Trois-Rivières, sa ville à lui, com l’incarnation pour de vrai en personne du dénuement des arts dans notre fiction sociale mercantile, et ce n’est certainement pas en faisant les singes dans des commerciaux que les artistes règleront le problème parce que les commerciaux, ça sert à engraisser les corporatifs, pas les artistes, quoiqu’une poignée s’enrichisse, ça sert ossi à faire passer des singes pour des artistes et, au bout du compte, ce sont les enfants qui en payent le prix fort com du roquefort,
ti-Pierre! mon ti-Pierre à moé!
à l’oeil vif com un kodak et glissant com l’acrylic!
tu nous impressionnais donc avec tes idées flyées parce que tu ne nous disais pas toujours que tu les avais pigées ailleurs!
tu me sommais certains soirs qu’on avions pris de la drogue et bu démesurément, on étions jeunes, fringants et immortels, de porter en mémoire le flot déterminé de ta parole exaltée et le rythme brosseur de tes gestes architecturaux, ici, maintenant, en ce moment précis qu’on se trouvions toué deux transplantés dans la lucidité cosmic de l’intoxication, de façon à en transcrire plus tard la substance dans mon écriture, ce que j’ai fait, en quelque sorte, puisque tu es devenu un métahistorien dans le récit de sf que j’écris dans une dimension parallèle et où je pars en transit jusqu’au centre galaxic pour secourir l’enfant généric, c’est pour dire,
tu me manques, c’est sûr, mais jamais ôtan qu’un enfant qui s’ennuie de sa mère,

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