la joie d’être au monde

il faut dire que j’ai été touché par la foi, au sens spirituel du mot, pas en son sens religieux, et un bien grand mot dans mon cas parce qu’en vérité je n’ai été visité que par le sentiment vif et pur de la joie d’être au monde, pas par la foi en personne, j’aurais étouffé sur son grain de moutarde, juste le souffle sur mon âme de la joie d’être au monde suffisait, alors que le souffle du malheur qui s’abat sur les enfants nous souille la noosfère com nos fumées nous empoisonnent l’écosfère,
j’allais ce jour-là de mon pas décidé à l’épicerie, saluant les connaissances au passage, quand, sans avertir, une dimension inaccoutumée s’offrit à ma perception, je me retrouvai simultanément sur deux plans de réalité, le plan ordinaire, dans lequel je continuais de me manifester com si de rien n’était, et un plan spirituel superposé à l’ôtre que par sa clarté il approfondissait sans en rien déranger, com si l’ Esprit (ou la Force, ou l’Énergie Cosmic, appelez ça com vous voudrez) translucidait à travers la matière sans lui ravir sa densité,
«ça,» me dis-je, dans ma tête, pas à voix haute, j’étais quand même pas si flyé, «c’est l’ sacré du monde qui rayonne dans l’épaisseur de mes routines, sti,»
com si le Christ (ou le Prophète, ou le Bouddha, appelez-le com vous voudrez), me dis-je ossi, marchait en chair et en os dans une rue pas loin et que mon âme vibrait aux ondes de sa revigorante Présence,
je perçus le passage d’un fort vent de joie cosmic, puis ce fut tout, vite fini com une toune punk, mais ça m’a suffi, ça m’a réjoui d’apprendre que le cosmos était de bonne humeur et que la joie d’être au monde brillait sur nos existences, ça m’a ravigoté big time, moi qui commençait à me prendre pour une ombre,

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