le lunch

il était presque midi quand j’ouvris les yeux, Suzanne avait laissé un mot près du cadran-réveil,
Bonjour, mon cowboy!
Tu dormais si bien quand le méchant cadran m’a réveillée!
Si tu veux sortir y a un double des clés de l’appartement accroché dans l’armoire à côté du frigidaire. Si tu veux partir pour ne plus jamais revenir j’irai te hanter, l’âme en peine.
Ou tu m’attends. Je passe à la maison pour mon heure de lunch vers 1 heure et demi.
Suzanne, ta courtisane
je pris une douche, enfilai mes vêtements, ils étaient un peu raide, rempochai mes effets, fumai un joint en me préparant un café, fumai ma nicotine ossi com de raison, je rangeai les couvertes, repliai le sofa-lit, replaçai la table rectangulaire, pensai à ouvrir les rideaux, il faisait beau gros soleil, des restants d’acide éclataient en bulles de savon dans la rue, je regardai l’heure, 12:34, la vie me souriait big time,
muni de l’annuaire téléfonic je cherchai le numéro de la boutic où Suzanne travaillait, elle m’avait dit le nom la veille, composai, on décrocha à la deuxième sonnerie,
«boutic Hélène, bonjour, Germaine à l’appareil, en quoi puis-je vous aider?»
«salut Germaine, est-ce que j’ pourrais parler à Suzanne s’il-te-plaît?»
«c’est de la part de qui?»
«son cowboy,»
«son cowboy? ah ben bonjour, son cowboy, a m’a parlé d’ toi à matin, ouh la la! attends, j’ t’ la passe,»
je l’entendis qui disait «Suzanne, c’est pour toi,» puis, à mi-voix, «c’est ton cowboy,» de la music classic jouait en arrière-fond,
«allo, toi,»
«bien le bonjour, belle courtisane, comment vous portez-vous ce matin?»
«vous voulez dire cet après-midi, monsieur, fatiguée, je l’avoue,» elle ajouta, à voix basse, je la voyais recouvrir sa bouche et le combiné de sa main en coupe, «pis j’ai des flashs d’acide par bouttes,»
«moi tou, sti, cela dit, gente dame, prêtez-moi votre oreille si fine que je vous entretienne de mon plan de nègre à deux volets, ben, le plan qui est à deux volets, pas le nègre, ça va com suit, préféreriez-vous que je vous accommodasse d’un goûter ici même dans votre charmante cuisinette ou que je vous invitasse à un restaurant du coin?»
elle rigolait,
«ah, mon cher monsieur, que vous êtes gentilhom! mais accommodez-moi, mon ami, surprenez-moi avec les ingrédients de mon humble garde-manger, sachez que mes deux toasts d’à matin, ben, a sont dans mes talons, permettez-moi en outre de vous apprendre, et j’ose croire, galant hom, que vous en serez ossi ravi que je le suis, que j’ai l’après-midi off, c’est notre boss qui m’ l’a offert, a passe toujours le matin, pis quand a m’a vu a l’a tusuite compris qu’ j’avais pas beaucoup dormi, a l’est tellement fine, alors, à ce tantôt?»
«à ce tantôt,»
après quoi je téléfonai chez Bill, sa mère répondit, après les politesses d’usage je lui demandai si je pouvais parler à Bill, non, il dormait encor, mais Pierre était réveillé, elle me le passa,
«salut, t’es chez Suzanne, là?»
«ouin, est partie travailler, a l’arrive tantôt pour son lunch, j’ vas lui préparer quelque chose, pis a l’a l’après-midi off,»
«ah ben tant mieux, hey, on fait un bbq à soir dans la cour, tsé, les deux filles d’hier? celle que Bill pensait avoir déjà vue? y s’était pas trompé, a s’appelle Jocelyne, l’ôt s’appelle Monique, on les a invitées au bbq,»
«vous avez décidé ça hier?»
«ouin, c’est Bill qui a eu l’idée, les filles ont dit qu’a viendraient, on va partir le bbq vers six heures et demi, sept heures, vous allez v’nir, toi pis Suzanne?»
«ben, j’ peux pas décider pour elle, mais en principe oui,»
«okay, à plus tard, èsti,»
«à plus tard, sti,»
je raccrochai, puis je fis le tour de ce qu’il y avait com victuailles chez ma courtisane, ensuite je descendis à l’épicerie acheter un paquet de tabac avec du papier à rouler, il m’en restait encor assez pour le reste de la journée, mais j’aime pas être pris de cours, me faut une réserve, j’achetai ossi une caisse de bière, du stuff pour une salade, des tranches de jambon fumé, un pot d’olives et des fruits, avec ses trois sortes de fromage, son pain croûté et son pot de petits oignons j’allais nous concocter un lunch du tonnerre de Brest,
je terminais la salade quand elle arriva, j’avais déjà tout disposé sur la table rectangulaire, elle n’avait pas de table de cuisine, on se bécota, elle remarqua avec plaisir et ravissement la mangeaille toute prête, elle prit le temps de se rafraîchir dans la salle de bain avant de venir me rejoindre sur le sofa-lit, on se servit, je lui avais débouché une bière, elle mangeait avec appétit, moi ossi d’ailleurs, j’avais mis Le quattro stagioni de Vivaldi, côté A, La primavera et L’estate,
je lui appris à propos du bbq chez Bill, ça lui tentait d’y aller, mais avant, si ça me dérangeait pas, elle désirait faire une petite sieste, pas de problème, j’en profiterais pour aller me raser les joues, pas question de me couper la moustache et la barbichette, et me changer de linge chez la tante à Pierre, je reviendrais vers cinq heures, cinq heures et demi, Bill restait pas trop loin, elle aurait le temps après sa sieste de prendre une bonne douche et de se faire belle,
le lunch terminé elle m’avoua d’un air grivois qu’elle avait envie de moi, là, tusuite, est-ce que ça me tentait? bien sûr, elle portait des jeans fancy et un chemisier fancy ossi, elle avait enlevé ses sandales en entrant, elle déboutonna son chemisier et l’ouvrit tout grand, ses totons ronds reposaient dans une fine brassière blanche, elle me dit d’ôter mon t-shirt, elle voulait voir mes pectoraux, on s’embrassa un bout en se caressant, puis on se flanqua tounu, j’étais super dur, elle s’installa face à moi sur mes cuisses et s’empala le castor sur mon totem, ça ne nous prit pas des heures pour venir, la tension sexuelle accumulée depuis la veille nous submergea sans rémission, après quoi elle resta un long moment la tête sur mon épaule, ses cheveux sur mon visage, ses totons écrasée contre ma poitrine, mon totem dépulsait dans son castor, du jus coulait sur mes cuisses,
on se désenlaça, on alla se rincer, je lui dis que j’allais tout ramasser, elle avait qu’à s’étendre et roupiller, je m’étais rhabillé, elle avait passé des p’tites culottes et un t-shirt propres, elle était superbe, un peu plus et je l’aurais renfilée, elle m’embrassa passionnément, puis s’allongea sur le sofa-lit, je repris les clés que j’avais remises dans l’armoire, une pour la porte d’en haut, une pour la porte d’en bas, je regardai Suzanne, elle dormait déjà, je m’en allai,

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