réveil amoureux

on ouvrit les yeux presqu’en même temps, Suzanne et moi,
«bonjour,» dit-elle, en me caressant le visage, «ouh, j’ai bien dormi,» elle s’étira le cou pour jeter un coup d’oeil sur son cadran, «midi dix, ben un peu passé midi dix,»
«12:12,» dis-je, «quin,»
elle prit mon bras dans sa main pour mieux voir,
«tu l’ fais-tu exprès?»
«la synkronicité frappe encor, sti,»
elle lâcha mon bras et descendit sa main sur mon totem, déjà à moitié raide et qui ne demandait que ça pour se cimenter dans toute sa gloire,
«pis ça,» dit-elle, «tu l’ fais-tu exprès ossi?»
«c’est à cause de toi, c’est pas d’ ma faute,»
on s’embrassa un bout, mais on avait la bouche sèche et mauvaise haleine, puis il fallait aller pisser avant de poursuivre nos ébats, je la laissai aller en premier et juste de la regarder de dos marcher nue vers les toilettes mon totem se mit à vouloir com une mécanic autonome, je me roulai une cigarette, me levai et allai préparer du café, le percolateur électric commençait à dégager sa bonne odeur quand Suzanne sortit des toilettes, elle s’alluma une cigarette, me regarda qui revenait vers elle,
«j’ai préparé du café,» dis-je,
elle éclata de rire en pointant du doigt sur mon totem, qui n’avait ramolli qu’à peine, pas même en angle droit, et qui remonta ossitôt en angle aigu serré à la voir ainsi splendidement tounue,
«comment tu vas faire pour pisser?»
«j’ vas me pencher en deux ou j’ vas pisser dans l’ bain,» dis-je,
«faut que j’ vois ça,»
elle m’accompagna dans la salle de bain, et juste pour me taquiner elle caressa mon totem brandi pendant que je levais le siège des toilettes, je me préparais à me plier en deux et à me jacker les fesses, prenant appui de la main gauche sur le mur du fond et de la main droite forçant mon totem boqué vers le bas, quand Suzanne dit qu’elle n’en revenait pas et que ça serait peut-être mieux que je pisse dans le bain, elle-même pissait des fois dans le bain quand elle prenait une douche, c’était pas la fin du monde et au moins je pourrais viser juste, le bain était assez large,
elle ouvrit le rideau de douche, je me plantai devant le bain et me vidai, c’est que j’avais toute une envie, ça faisait un arc qui giclait jusque sur le bord opposé, Suzanne riait com une bonne, ce qui me fit rire, causant des soubresauts à l’arc liquide, ça dura un bon moment,
«ah ben tabarouette,» dit-elle, quand j’eus fini et qu’elle me laissa à mes ablutions,
je rinçai le bain, tirai le rideau de douche, me débarbouillai un brin, allai rejoindre Suzanne dans le salon, elle m’attendait à genoux sur le sofa-lit, je m’agenouillai devant elle, on s’embrassa passionéement, Billie Holiday chantait Lady Sings The Blues, puis Suzanne me dit de me coucher sur le dos, elle s’assit sur mon totem et lentement, doucement, en prenant notre temps, on monta au paradis, c’est elle qui contrôlait la cadence, moi je me contentais de lui pogner avidement les totons, de lui caresser le dos, les hanches, les cuisses, les bras, je voulais la toucher partout, Billie Holiday chantait No Good Man, la dernière piste du côté, quand on vint, c’est dire qu’on avait fait durer ça, mais là on en pouvait plus, Suzanne s’affala sur moi, son visage dans mon cou, ses totons écrasés sur ma pointrine, j’avais replié les jambes et je pompais, Suzanne soufflait saccadé dans mon oreille, on éclata com des bulles de lumière catapultées sur le mur du plaisir,
puis on reprit notre souffle, Billie avait fini, j’entendais le bras du pickup qui revenait à sa place, le petit clic qui libérait un deuxième vinyl, le chuintement qu’il fit en tombant sur l’ôtre, le bras qui prenait position, l’aiguille qui touchait le vinyl, craque et pop, je me demandais ce qu’elle avait mis, je reconnus dès les premeirs accords, Louis Armstrong, What A Wonderful World,

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