les avances de Violette

Pierre buvait un café sur la galerie d’en arrière quand je sortis tout propre, tout frais de la chambre d’amis, mon sac sur l’épaule, je le déposai à côté de celui de Pierre près de la porte d’entrée en avant, puis je le rejoignis sur la galerie après m’être servi un café, il placotait avec sa tante et Violette, celle-ci, me voyant, me lança un gros sourire,
«tiens,» dit-elle, «v’là notre magicien,»
«votre magicien, moi?»
je refermai la porte derrière moi et pris place en haut de l’escalier à côté de Pierre, Marguerite et Violette s’étaient sorties des chaises,
«à cause d’hier,» dit Marguerite, «c’ que tu nous as donné, on a eu du fun, si tu veux savoir,»
«un moment donné on pouvait pu arrêter de rire,» dit Violette, «on était crampée com des bonnes, que c’est qui nous avait fait rire, donc?»
«m’en souviens même pu,» dit Marguerite,
elles avaient fumé un des joints avant de quitter l’appartement, s’étaient rendues à la cinémathèque en autobus, avaient décidé de fumer un ôtre joint cachées derrière un mur avant d’entrer, décision qui n’avait pas été aisée à prendre, elles avaient cherché un bon moment avant de trouver un endroit propice où se cacher, mais le plus drôle c’est qu’une fois le joint fini elles avaient pris la mauvaise direction, se rendant compte au bout de deux coins de rues qu’elles s’éloignaient de la cinémathèque, après avoir rebroussé chemin en se moquant d’elles-mêmes et une fois à l’intérieur elles s’étaient commandées chacune une boisson gazeuse et un sac de chips, elles pouvaient pas dire si le film était intrinsèquement bon ou si c’était parce qu’elles étaient stone qu’elles l’avaient ôtant apprécié, en tout cas elles avaient passé un très bon moment,
«c’est drôle comment qu’on rentre dans un film quand on est stone,» dit Violette,
après le film elles s’étaient promenées dans les rues animées, elles avaient été boire quelques bières dans un petit bar de chansonniers, puis elles avaient été manger une pizza au Sorrento avant de revenir chez Marguerite, Violette avait dormi dans la chambre d’amis,
«c’est là qu’y s’en vont souper à soir,» dit Marguerite à Violette en nous montrant du menton,
«y font d’ la môdite bonne pizza, au Sorrento,» dit Violette, «après ça, quoi, c’est l’ départ pour Montréal?»
«on a un lift,» dit Pierre,
«si y s’ présente, sti,» dis-je,
«m’ouin, sans ça on va prendre l’autobus,»
«pis l’ôt joint,» demandai-je, «l’avez-vous fumé?»
oui, justement, dans une ruelle, juste avant d’entrer au bar de chansonniers, en fait elles ne savaient pas encor à ce moment-là qu’elles iraient à ce bar-là plutôt qu’à un ôtre, c’est com s’il leur avait sauté au visage au détour d’une rue alors qu’elles avaient repris leur marche,
«pis moi, m’ cacher dans une ruelle pour fumer du pot,» dit Violette, «j’avais jamais faite ça de ma vie,»
«moi non plus,» dit Marguerite, «tout d’un coup qu’on se s’rait faite pogner, on aurait eu l’air fin pas pour rire,»
«a vont virer droguées si on les laisse faire, sti,» dis-je à Pierre,
«pas d’ danger,» dit Violette, «c’était ben l’ fun, mais c’est pas une habitude que j’ vas prendre, c’est trop mélangeant, là au moins on était tuseul elle pis moi, mais quand ça m’arrive d’ fumer chez des amis,» elle se tourna vers Marguerite, «ben, tu t’ souviens la dernière fois, chez Robert? un moment donné c’était trop intense, a fallu qu’ j’aille m’isoler un ti boutt dans les toilettes,»
«pis l’ beau Roger qui voulait t’ suivre dans les toilettes,» dit Marguerite,
«ouin, l’ beau Roger,» dit Violette, «y pense juste à ça, lui, mais là, juste nous deux c’était correct au boutte, en tout cas,» ajouta-t-elle à mon intention, «merci ben gros, là, tu nous as faites passer une très belle soirée,»
«oui,» dit Marguerite,
«bon ben chu ben content, sti,»
on avait fini notre café, on décida de partir, Violette se leva de sa chaise et s’approcha de moi,
«tu sais qu’ t’es un beau garçon, toi, han?» dit-elle, en se passant les doigts dans ma barbichette, «si jamais ça t’ tentait de m’ faire fumer, j’ dirais pas non, pas que j’ veux mettre la chicane entre toi pis ta blonde, si t’en as une, j’ le sais même pas si t’en as une, j’ veux dire une blonde steady, mais tu sais c’ que j’ veux dire, han? un ti coup après un ti joint, là, tsé?»
elle passa sa main sur mon torse, un sourire taquin aux lèvres com si elle appréciait une belle marchandise, j’en profitai pour lui tâter le côté d’un toton,
«Violette!» s’exclama Marguerite,
«ben quoi,» dit Violette, en se rassoyant, «chu une fam libre, non?»
«j’ veux ben croire, mais quand même,» dit Marguerite,
«mais quand même quoi?» dit Violette,
«j’ vois pas ousqu’y est l’ problème, moi,» dit Pierre,
«ah toi, mêle-toi-z’en pas,» dit Marguerite,
elle n’était pas vraiment fâchée, c’était pas une question d’âge non plus, c’est juste que ça lui faisait drôle de s’imaginer qu’on aurait une relation sexuelle, Violette et moi,
«c’est Jean-Paul qui s’rait pas content d’ savoir ça,» reprit-elle, «y court après elle depuis des mois,»
«l’ fatiguant,» dit Violette, «j’ sais pu comment m’y prendre pour y faire comprendre qu’ chu pas intéressée,»
«ben, moi, j’ peux pas dire qu’ chu pas intéressé,» dis-je, «si jamais ça adonne, tsé?»
«si jamais ça adonne,» dit Marguerite, «y est-tu bon, lui,»
on se dit une dernière fois au revoir, Marguerite rappela à Pierre de saluer sa mère de sa part, on ramassa nos sacs et on s’en alla,

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