divisibles (laissé-pour-compte)

ou com qui dirait sertir l’objet consommé
rien! rien! toujours rien! même perfidie! même perdition!
breloques frisées aux bras, une alternance de broderies de luxe
les totems se dissimulent parce que honteux et lâches

odeurs! odeurs! filandreuses de rythmes
néanmoins étuve garbage
en place donc pour le royaume!

des faits! encor des faits!
fumées, taches, mouchoirs, brises
faussetés pataugées sous la lune pour se donner toutes les raisons de vivre, or les tourbillons prosaïcs nous emportent et nous éloignent, turpitudes de l’âme, et nous déambulons dans les parois serrées d’un réel qui nous étire

moi, m’a vous dire, tout ça, j’en fais mon silence,je pousse l’imaginaire jusque dans ses derniers retranchements, je parle l’esprit en paraboles rouges et jaunes, clameurs, os, dentelures, et je provoque le sens dans la secrète assurance des sexes

traînance souriante de jour en jour, le coeur bossé, vapeurs d’âme, tuyères, le corps fantaisiste fossoyé pondérément par les brûlures de l’espoirje ramène à moi l’irremplaçable des sentiments tranchants, geysers dépassés par la démesure de la cruauté, j’en émane plus nu que nu, effiloché à longs cris, les nerfs écorchés, les muscles brisés, les deux pieds bots

tenter plus loin, toujours l’univers bouge, ossi : rien sans change du réel,couches, strates millénaires des consciences, continents mutagènes et poudrières ravageuses, visions magnifiantes, soubresauts analogics, explosions, tentacules, racines, le jeu meurtrier des prétextes

toujours est-il que la prairie s’étend croit-on étale, eh bien non! seulement les jours de pluie, et encor. ça dépend de la fable, c’est une question de perspective, de parallaxe aspirée par des graveurs graissés ou grèyés, encor une fois c’est selon, bon, mettons qu’il y ait délire, reste tout de même l’acte inutile malgré les tremplins transformés en grémures ou en grimoires

pendant ce temps un elf dormait inaperçu dans la forêt
au bout de cette prairie qu’on imagine étale
les coupeurs d’arbres débarquèrent, l’elf n’eut pas le temps
de déguerpir, il finit en rondelles
sa blonde, à robe blanche à friselures
un chapeau de paille sur sa tignasse full
inconsolable et désemparée, s’exila au pôle nord pour s’y geler à l’os
mais la glace avait fondu
l’elfe affligée finit dans une poêle à frire
la matière en prit pour son rhume

hyper totem des désirs, des entrailles parsemées, des gemmes de peaux où jamais le temps n’annule ôtrui, où l’espace triture la moelle déjà plastifiée, où l’âme qu’on a mise à sécher com une morue salée vire amnésic, la fiction sociale frappe en claques évolutives, le rêve demeure entier ou peu s’en faut, le perpétuel imaginaire, manufacturier du monde, distribue les intelligences derrière les nuées, l’arabesque d’un souffle s’étiole à l’horizon, s’évapore, devient signe, fin trait d’atmosfère, reflet

cependant que notre habitat se désarticule dans la loi des génocides et dans l’innervation du soleil divorcé d’avec la mer, les plaques tectonics dérivent dans nos têtes, brèches, lézardes, malgré la froideur de l’âge, la frayeur et plus tard la maigreur de l’absence

une chance que les nuages bleus existent, les cimes hautes, les vallées creuses, les jardins clairs envahis par le lotus et le tao
une chance ossi que les enfants même malmenés aspirent encor et toujours à des nuages roses

conséquemment et pour résumer, nous soms fonctions par intuition débridée et par auscultation des cervos dans une très précise tendance du chaud à l’entassé, nos voix révolues dans l’enracinement du même collectif, rush ruches bagatelles, pelures intraveineuses générées com un profond mystère par notre oeil fugace, nos besoins concassés en débris de solitude,
nous gémissons misérablement et impartialement com des agrafes dans le remake de nos vidéos éculées, là, dans les corps tranchés, dans les chairs ahuries
mais écoutez! entendez-vous? c’est la rumeur des symboles scandalisés!
mais qu’à cela ne tienne! l’inarticulé aura toujours le dernier mot, même muet!

hésitations encor, des bagatelles, plus loin l’affolement, l’onirie, les lèvres entrouvertes en pressentiment d’indices et d’usures, plus loin ossi des larmes de cuir et des accessoires protactils, mais jusqu’au bout, à perte de vue, com un champ de ruines drapées d’inscriptions altérées

Cette entrée a été publié dans fissures. Ajoutez en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *