divisibles (la probabilité d’être ramassé)

les réalités nous entourent, l’ami, un amoncellement d’abysses incontrôlables et malencontreux, la poésie détale à bout de souffle, plainte incessante, fleur électric, tempête! puis le calme revient, prairie pendant des jours, ouf! on l’a échappé belle encor une fois!

ça se produit le plus souvent au niveau des fractales, com le calcul des trajectoires interplanétaires, là où l’attraction terrestre jamais n’est tenue pour négligeable, ôtan de critères par impossibilité de traces de limites, là où les équivalences d’espace assument le plan théoric et en tirent un trait d’adaptation qui expose les troubles syncopés et qui révoque la décomposition des réserves temporelles et leur fragmentation en consciences utiles bouillies, propageant ainsi leurs émotions loin au-delà de l’ozone

coupure, les engions communiquent entre eux, s’échangent leurs connaissances sur l’impact des particules en prévision de la région du grand silence, ou com la limpidité d’un beau clair de Terre en allé, l’on comprend dès lors pourquoi l’on dispose les compteurs en relais, lonlaire, puisque nos fictions sociales se prolongent par manque du même et que nous soms sensibles aux trains d’ondes, ou com une soif de significations, un désir d’étranges écritures fuyantes et des tourbillons d’une music strictement définie par les passions immobiles pour qu’en flammes s’arabesque l’océan et qu’enfin le monde s’embrase dans la noosfère, puisque le réel c’est nous ôtres mis en branle

toujours est-il qu’au miroir des peaux rainulées
où je vivais ma vie, mais à l’envers, avec des glaciers
des crevasses et des reflets bleus dans la neige
en plein coeur d’une forêt d’épinettes
mon âme de roc se transforma en coulée d’énergie
et je fracassai et je frôlai vivement les langues happeuses
sur ceinture du temps je pulsai en variations intimes
et je jouai sur les tendances et sur les rides de façon à ce que
moi ossi je puisse vivre sans discontinuer

crimes à l’assaut, meurtres à l’essor, plonger, je voudrais plonger dans la mer où le temps reste fertile à l’abandon des chaînes sanglantes toujours plus que prévues, alors que vivre, c’est penser l’immortalité qui nous tue, par exemple, moi, j’étais à l’aise, là, étendu tranquille quand bécif! je me suis retrouvé face à moi-même! j’en fus dièse sur le coup sans ôcun doute! pourtant, me dis-je, revenu à ma connaissance et toujours muni de mon miroir, le sens est éternel, omniprésent, ahurissant et voyageur même quand il semble manquer au rendez-vous

nous soms imbibés de sens, ça nous enrobe, ça nous pénètre com l’humidité dans un chandail de laine en Gaspésie, ça nous tombe dessus sans crier gare, mais nous faisons semblant de ne rien comprendre de façon à durer illusoirement, conséquemment, et lancés d’avions tueurs, nous ramifions le ciel de radieux éclairs, c’est que nous aimons iriser les chairs et les enfants massacrés longtemps nous hanteront com des fantômes en butte aux coeurs paniqués

corps lacérés, esprits décrus, les arkétypes souffrent, les rues continuent d’affluer dans les parcs et les parkings, une pluie fine se met à tomber com un décor, une frime, un air d’urgence et tout s’évapore com de la culture en nervures de racines, le désir se constipe dans le bas-ventre et nous restons béats de vivre d’un ventricule à l’ôtre, notre précieux intellect empoussiéré d’indifférence, et notre âme, ah! notre âme!

nous allons, fortement attirés, sans prendre le temps d’hésiter au tournant des valeurs, com des perroquets, des miroirs, des imitations qui imitent, nous soms ossi, des paroxysmes et des rapporteurs d’angles, cramponnés à nos fourchettes, à facettes interchangeables, nous frappons et nous en restons plantés d’amertume, nous soms des absolus piégés dans les relativités, mais nous durons, nous durons sur les trottoirs nickelés, et dans les rivières ensanglantées, nous durons le long de notre Histoire arrimée à ses aurores boréales

un jour nous apparaillerons pour le vent stellaire, nous deviendrons feuilles vibrantes sur d’infinis espaces, notre matière sera plurielle com une hypothèse en dents de mort, nos scories s’apesantiront et se diversifieront et l’énigme de notre existence tournoiera en préludes et en stigmates com de l’aplomb d’océan, mais, com je dis souvent, c’est pas demain la veille, ce seront toujours les mêmes pensées, remarquez, de décors en décors et dans le coeur toujours d’à peu près rien, cependant ce seront pensées dans la Voie Lactée, notre galaxie à nous ôtres

ce sont connexions pour un nouvel âge
de la music fashion dans des lieux troubles
des échanges de mots croisés soupesés
en rumeurs d’oeils et de visions désorientées
en dos juchés fouettés, en têtes vidées fracassées
en mains broyées, en pieds cassés, en ventres ouverts

qu’à cela ne tienne! en dépit des rhizomes nous durons à perte de vue sur l’échiquier astronomic, nous vandalisons en pions apeurés les jardins sacrés de l’imaginaire, nous rengorgeant de lois intraitables qui bientôt dégagent les miasmes de fictions sociales sclérosées et moites, nous soms peureux et notre héroïsme est de pacotille pourquoi? parce que la mort nous organise l’existence en un puzzle définitif, des bouts de ficelle, des éclats de verre, des gouttes de sueur, des rognures d’ongles, des mégots de clopes, des lopins de terre, des miettes de coeur, des débris d’enfance et des parcelles de rêve, des tronçons de phrases sur une page et des tranches d’humains sur une plage

nous durons, disais-je, l’esprit friable
la larme à l’oeil et l’oeil inquiet
le coeur s’ennuyant, le corps fatiguant
l’esprit égaré dans les vastes conséquences du Big Bang
nous durons, la tête inhabitée
l’arme à l’oeil et l’oeil angoissé
le coeur au soupir, le corps qui vieillit
à la dérive sur l’ampleur des marées cosmics nous durons

qu’écrire d’ôtre, sinon?

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